Se déplacer en banlieue

On parle souvent des déplacements urbains, avec les problèmes que cause un excès de recours à la voiture : encombrements (immobilité), pollution, bruit, …

Il y a aussi les interminables files le long des autoroutes menant aux grandes villes, telles Bruxelles ou Anvers, encouragées fortement par l’absence de transport ferroviaire suburbain performant (RER).

Mais on étudie moins ce qui se passe au sein des banlieues.

La banlieue, c’est le trop plein de la ville, quand elle ne peut plus accueillir une population grandissante ; c’est aussi le résultat d’un exode urbain, avec l’idéal de la villa quatre façades et deux (ou trois) voitures.

Parce qu’il va de soi – en Belgique en tous cas, mentalité oblige – qu’on se déplace en voiture.  Donc, de fait, celle-ci assure la toute grosse majorité des trajets, y compris pour conduire les enfants à l’école, à la piscine, au cinéma, partout.

Oui mais voilà : les rues et routes de banlieue se sont progressivement transformées en interminables files elles aussi.  Et se déplacer n’est plus du tout le rêve de la voiture qui conduira en deux temps trois mouvements à destination.  Qu’on essaie seulement de se rendre de Braine-l’Alleud à Tubize à cinq heures du soir.

Et ce sujet là, au contraire du transport urbain, où tout le monde a sa solution (souvent miracle quoique impayable du genre métro), n’est presque jamais abordé, si ce n’est pour rêver d’un RER qui en fait devrait surtout contribuer à alléger les files vers la capitale.

Pour reprendre l’exemple du Brabant wallon, on a salué la création d’une quasi autoroute appelée Nationale 25.  « La grande transversale unissant l’est et l’ouest de la province » (avec un petit bémol au milieu, où les branches est et ouest n’arrivent pas en face l’une de l’autre et obligent à utiliser l’E411, pas vraiment connue pour la fluidité de son trafic, mais passons).

Et le TEC, plein de bonne volonté, d’embrayer avec des lignes d’autobus express notamment entre Louvain-la-Neuve et Braine-l’Alleud et, timidement (quelques passages par jour), entre Braine-l’Alleud et Tubize.  Ils utilisent le beau réseau routier, mais au prix de longs détours qui fait que leur temps de parcours est parfaitement non concurrentiel : vitesse commerciale à vol d’oiseau respectivement de 30 (27 à 31 selon l’heure) et 26 km/h.  Il y a aussi des autobus « classiques », qui utilisent les voiries classiques, encombrées, et se faufilent dans les vraies files : résultat Braine – Tubize, 12 km, officiellement en 25 à 38 minutes (19 à 29 km/h), en réalité souvent plus (observé le mardi 21 mai départ 16h28 : 50 minutes).

Outre un réseau cyclable à penser de A à Z, il n’y a qu’une seule réponse possible pour à la fois alléger le trafic et offrir une mobilité aux résidents : des transports en commun performants, c’est-à-dire fréquents, et abrités des aléas de la circulation.  Et jusqu’à présent, en Belgique, cela n’est venu à l’esprit de personne, ni des autorités responsables (Etat, régions et communes), ni des exploitants (TEC et SNCB pour notre exemple).

Des transports fréquents.  Les deux conurbations Wavre – Ottignies-LLN et Waterloo – Braine-l’Alleud, regroupant chacune 70.000 habitants, n’ont aucun réseau de transports urbains.  Les communes interstitielles et périphériques formant ensemble la banlieue sud de Bruxelles abritent encore 100.000 personnes (au total 240.000 sur dix communes).  Et même si de nombreuses lignes de bus les sillonnent, cela se fait dans un désordre absolu, sans la moindre coordination, avec des intervalles de passage ne descendant jamais en dessous de la demi-heure, parfois seulement un ou quelques bus par jour ouvrable. à revoir fondamentalement donc, avec à la clé un potentiel énorme et des économies substantielles possibles.

Des transports rapides.  Là l’équation est plus difficile.  Mais oui, parfois il faut accepter de « sacrifier » quelques mètres carrés de voirie pour permettre aux bus de rouler normalement.  Avec ici aussi des économies à la clé : plus un bus est lent, plus il coûte.

Et de rappeler que, toujours dans la région qui nous occupe, deux lignes de chemin de fer qui la sillonnaient ont été supprimées : Braine-l’Alleud – Tubize et Court-Saint-Etienne – Nivelles.  Y faire circuler des véhicules légers et performants (genre train-tram) permettrait une vitesse double de celle des bus, avec une régularité au top.

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