Des transports au service des usagers, aussi en ville

Mons, comme pas mal de villes de Wallonie et de Flandre (Bruges, Charleroi (le métro), Namur, …) est victime d’une maladie très commune : l’élimination des transports en commun pénétrant en ville et desservant le centre, et leur remplacement par des petites navettes locales, appelées ici « Citybus ».

Explication.

Dans une agglomération urbaine d’une certaine importance –c’est le cas de Mons, que nous prendrons comme exemple parmi d’autres, de nombreuses lignes de bus desservaient la ville et sa périphérie en conduisant les usagers où ils doivent se rendre, notamment – c’est la destination la plus courue – vers le centre-ville.

Hélas, souvent les responsables politiques locaux, qui ne s’en servent pas, n’aiment pas les bus, et, en véritables potentats, obtiennent de l’exploitant – ici le TEC – qu’ils ne pénètrent plus en ville.  Ainsi à Mons ils tournent autour via une rocade, délaissant le centre ; en sus, le circuit étant à sens unique, ils mettent un petit quart d’heure pour, selon le sens, rejoindre la gare ou la quitter.

Evidemment il apparaît aussi qu’on ne peut pas priver tout le centre de la moindre offre de transport.  Alors, pour suppléer à un vide créé de toutes pièces, on invente des petites navettes locales qu’on appelle par exemple citybus, city, navette, ….  Dans le meilleur des cas celles-ci sont électriques : ça fait moins de bruit et ça pollue moins.  A Mons on n’est est même pas là : ce sont de bon vieux diesel.

Mais l’essentiel n’est pas là : les usagers en provenance de la périphérie – c’est-à-dire, étant donné les distances la grande majorité d’entre eux – doivent descendre de leur bus à la gare puis attendre une correspondance pour le dernier kilomètre, qui les conduira en ville.  Correspondance avec une navette qui se fera attendre (à Mons intervalles de 15 à 20 minutes, dans d’autres villes parfois ½ heure), et en outre ne roule qu’à certaines périodes (ici pas le soir ni le dimanche).  A défaut, ou simplement pour gagner du temps, il reste à aller à pied. Dans le cas de Mons, où le citybus roule à sens unique, on peut bien aller de la Grand-place à la gare en 3 minutes (attente non comprise), mais il faut plus de vingt minutes pour faire le trajet en sens inverse.  A pied ça met moins de temps (mais ça monte !).  Tout ça pour remplacer les trois minutes de trajet (sans attente) du tram ou bus d’antan.  Au prix de véhicules supplémentaires, parcourant des kilomètres supplémentaires, avec le coût (et la pollution) qui en découlent.

Que faire ?

Fidèles à notre tradition de dépasser la critique pour apporter des réponses, les voici.

Tout simplement rétablir le bon sens qui a prévalu tout au long du XXème siècle :  tracer des lignes de bus (de tram, …) qui conduisent le plus directement possible leurs usagers de l’origine de leur déplacement jusqu’à leur destination.  En l’occurrence, en première instance, de la périphérie à la gare (bien sûr) mais aussi au centre.

Les bus polluent ?  Les navettes aussi.  Heureusement de moins en moins avec l’électrification en cours, pour les uns comme pour les autres : match nul.  Ils encombrent le centre ?  Pas nécessairement : il suffit qu’ils le traversent diamétralement, pour se poser de l’autre côté.

A Mons, pour rester dans notre exemple, il faut rétablir à l’aide des lignes de la périphérie un tronc commun gare – centre (desservi par exemple toutes les 5 minutes), éclatant ensuite en trois branches respectivement vers les portes de Nimy, d’Havré et Bertaimont.  Par un tel schéma, tout le centre est desservi et relié à la périphérie sans contorsions inutiles, bien mieux et à moindre coût que le gadget citybus à sens unique.

Un brin de bonne volonté de la part des responsables locaux (dont les usagers du bus figurent parmi les électeurs) et du TEC et c’est joué, à l’avantage de tous.

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