Haro sur les voitures polluantes : à quand de l’air pur à Bruxelles ?

Après Anvers, la Région bruxelloise se lance à la chasse aux voitures polluantes : à partir de 2018, progressivement, les voitures ne répondant pas aux normes européennes de pollution les moins strictes seront interdites de circulation.

Enfin une mesure phare, qui met le doigt sur un vrai problème : la pollution de l’air en zone urbaine, pour laquelle la Région peine (euphémisme) à respecter des normes pourtant élémentaires pour la santé publique.

L’occasion (politique) de s’attaquer maintenant au problème lui-même.

La pollution atmosphérique due au transort routier – les voitures et les autres véhicules motorisés – est la résultante de la pollution  par kilomètre de chaque véhicule – la norme –  multipliée par le nombre de kilomètres parcourus par les véhicules qui circulent.  A cet égard, Bruxelles passe pour être une de villes les plus encombrées d’Europe, et la pollution n’en est en fait qu’une conséquence (parmi d’autres : les files, l’insécurité routière,  le bruit, …).

La mesure prise, hautement symbolique, ne contribuera pratiquement pas à la solution.  En effet, elle bannira progressivement quelques véhicules, plus ou moins au fur et à mesure de leur disparition spontanée due au renouvellement naturel du parc.  Il faut certainement le faire, mais il ne faut pas en espérer beaucoup : vu qu’il n’y a aucune raison que le trafic diminue,  la pollution à Bruxelles a encore de beaux jours devant elle.

Les mesures qu’il faut prendre – et qui sont proclamées dans tous les plans de mobilité, jamais mis en œuvre – doivent avant tout viser à réduire le trafic.  Ces mesures sont simples : il suffit de réduire la capacité des voiries, notamment en les réaffectant vraiment (pas seulement où cela convient sans gêner les automobilistes) aux transports en commun, aux piétons et cyclistes, aux activités urbaines.

Si la suppression du viaduc Reyers est exemplative à cet égard, c’est évidemment par priorité les voies de pénétration qu’il faut viser.  À commencer par le viaduc Hermann Debroux puisque les circonstances s’y prêtent.  À Reyers aussi, il faut supprimer le déversoir de l’autoroute de Liège vers la ville, c’est-à-dire les boyaux passant sous l‘ex viaduc.  Les autres autoroutes urbaines – Léopold II,  Tervueren – Loi, Louise, petite ceinture, doivent suivre.

Tout en ne perdant pas de vue qu’une ville ne fonctionne que si il y est assuré une mobilité suffisante.  Il ne faut pas « piéger » les automobilistes (ce qui, soit dit en passant, est fait aussi en établissant des autorisations de circuler non concertées entre villes : à Anvers, Bruxelles, Lille, Paris, en Allemagne, en Italie, … ce sont des voitures différentes qui peuvent rouler à des moments différents, et pour certaines, requièrent des vignettes différentes : à quand le rétablissement de l’octroi aux portes de chaque ville ?).

Mais en fait l’« automobiliste » n’existe pas en tant que tel : il s’agit tout simplement d’une personne qui cherche à se déplacer, et utilise pour ce faire le moyen qui lui convient le mieux.  Et il faut donc lui proposer celui qui convient aussi le mieux à la ville.

Une des principales réponses consiste à offrir des transports en commun de qualité.  C’est comme cela que les villes modernes sont moins encombrées et moins polluées que Bruxelles.

La quadrature du cercle ?  C’est pourtant assez simple, et pas très coûteux : il faut faire à peu près le contraire de la politique actuelle.

Faire le RER pour les navetteurs : une évidence pour tout le monde ; pourtant aucun responsable ne le réalise, même si certains se vantent en son nom de dépenser de l’argent dans des infrastructures plutôt que de faire rouler des trains.

Mais aussi s’occuper des Bruxellois, par les transports urbains, pour lesquels l’option lourde choisie consiste à engloutir l’argent (qu’on n’a pas : nos enfants payeront) dans une malheureuse ligne de métro dont les études et les organes sérieux (voir  la Commission bruxelloise de mobilité) démontrent l’inefficacité.  Il faut au contraire (re)faire un réseau STIB performant, à l’instar par exemple de la CityVision, qui générerait à bien moindre frais un accroissement considérable de l’utilisation des transports en commun à Bruxelles, et donc une réduction du trafic.

Alors Bruxelles commencera à respirer.

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